Duo Palotaï/Argüelles

pochette cabane perchée

Csaba Palotaï, guitare acoustique

Steve Argüelles, percussion acoustique, guitares acoustiques préparées

Le guitariste hongrois Csaba Palotaï, qui vit en France , et son ami le batteur et percussionniste britannique Steve Argüelles sont en quête du grand dans le petit, du construit dans le naturel, lorsqu’ils érigent par les moyens les plus simples possible une structure de sons qui évoque des formes musicales complexes. Il s’agit d’une construction musicale grandeur nature qui remplit parfaitement ses fonctions. Quand ces deux musiciens exceptionnels ont occupé cette demeure, ils ont ouvert les fenêtres dans deux directions, la même idée traversa la maison : « une image simple à l’infini est capable de nous raconter tout sur un univers infiniment complexe ».

L’une des deux fenêtres donne sur le sud et l’on y voit du bassin des Carpates par delà les Balkans jusqu’en Afrique. On y distingue un homme fragile, portant des lunettes rondes: c’est Bartók, qui résuma la quintessence musicale de ses expéditions dans sa série « Mikrokosmos ».

L’autre fenêtre de la cabane donne sur l’ouest et, si on se concentre bien, on peut y voir l’Amérique. On y distingue la silhouette d’un étrange personnage avec une longue barbe et portant un casque de viking : on reconnaît Moondog qui a couvert d’étoiles l’asphalte de New-York, a construit des instruments à partir d’objets trouvés et composé de la musique avec les bruits de la rue, sans peut-être même deviner qu’il traçait un nouveau chemin à la musique répétitive moderne.

D’après la théorie de Bartók, ce sont « les forces de la nature agissant en l’homme d’une manière inconsciente » qui façonnent la musique populaire à partir de laquelle il a composé. Quant à Moondog, il rend compte de ses découvertes, celles des mélodies et des rythmes des klaxons des voitures et de la circulation orchestrée par les feux de signalisation, à partir desquels se crée « la musique populaire » de la métropole.

Les deux musiciens de cet album tirent la même conclusion ce n’est pas l’homme qui apparaît dans la musique, mais justement, l’inverse.

Emese Szász